| - Commentaire de Texte :
Les Obsèques de la Lionne Bilan sur la
critique de la société au 18ème siècle
Siècle pendant
lequel s’illustre bon nombre d’auteurs, le 18ème est le
siècle des Lumières. Politiquement, la France connaît une monarchie
de plus en plus contestée. En 1789, une crise est inévitable suite à
la volonté des nobles de garder leurs privilèges.
Intellectuellement, c’est loin d’être une crise. Les progrès
scientifiques et techniques se multiplient. Les journaux et les
livres se font de plus en plus nombreux et les idées circulent
partout. De nombreux auteurs s’engagent à créer un monde meilleur
pour la population. On y retrouve Voltaire, Rousseau, Diderot,
Marivaux, Montesquieu, et Beaumarchais. Ils critiquent certains
aspects de la société en utilisant différentes formes d’écriture
pour arriver à une liberté, une égalité, une fraternité e une
tolérance dans le pays.
Ces philosophes se
battent contre l’inégalité : les abus de pouvoir, la censure et
l’esclavage.
Depuis plusieurs
siècles, certaines catégories d’hommes sont au service d’autres
hommes. En effet aujourd’hui encore on se demande comment une si
grande inégalité a-t-elle pu exister. Une différence se faisait
entre les privilégiés et les autres. Il est difficile de comprendre
comment 1 /2 million de nobles sur 24 millions d’hommes possédaient
pratiquement tout. La naissance d’un individu au sein d’une famille
riche offrait de nombreux avantages. On était reconnu par la
société, on avait un certain pouvoir, on était respecté…Certes,
l’argent ne fait pas le bonheur mais il y contribue. Il éloigne les
ennuis, et permet un confort durant toute une vie. Et puis il y a
les autres, ceux qui appartiennent aux classes inférieures. Leur
destin est de soumettre à la politique et aux lois des « plus
forts ». Leur vie se résume au travail, souvent exercé dans des
conditions inhumaines. Ils sont sans défense et n’ont aucun espoir
d’accéder à un meilleur mode de vie. Ils n’ont pas beaucoup de
droit, l’éducation leur est encore interdite à cette époque et donc
ils n’ont aucune chance de s’élever intellectuellement ou
socialement. Cette situation d’inégalité existe depuis longtemps
mais c’est seulement à cette époque que l’on s’interroge sur ces
disparités sociales. Un concours est lancé en 1753 avec pour thème
« l’origine de l’inégalité parmi les hommes ». Rousseau se prête au
jeu et dénonce et critique la société, tout comme Montesquieu. Les
privilèges de la naissance assurent richesse, honneur, puissance et
par déduction bonheur. Par ces attributions, on se donne le droit de
dominer et de se faire obéir. Mais si quelqu’un possède
d’innombrables biens matériels il ne possèdera jamais une valeur
personnelle. Si pour lui le fait d’être né dans une famille riche
lui suffit, rien ne prouve que ceux qui commandent valent mieux que
ceux qui obéissent, comme le disait Beaumarchais dans Figaro.
Les philosophes s’engagent
également dans une autre cause, la lutte contre la censure et
l’intolérance religieuse. La censure est utilisée pour limiter toute
propagation d’idée. Elle est mise en place par le gouvernement, elle
interdit à certains auteurs comme Diderot ou Rousseau de partager
leurs idées. La censure limite la liberté d’expression, elle
interdit la publication de certaines œuvres. Tout cela est installé
afin d’empêcher le peuple d’être au courant de certaines pratiques,
pour laisser la population dans l’ombre de la vérité. Ensuite, ils
s’attaquent également à l’intolérance religieuse. Tout d’abord il y
a le fait que le pouvoir royal soit tenu de Dieu lui- même, du droit
divin. Cela semble être totalement ridicule. La critique de la
religion se porte également sur les superstitions et les croyances
irrationnelles. Par la suite, ce sont les institutions qui sont
ciblées. Par ces institutions, l’être humain, n’a plus de liberté et
de respect. Tout d’abord, l’homme est réduit à néant. Il est
représenté comme faible dans la société. Selon la religion, son
chemin est déjà tracé et son destin est dans la main de Dieu. En
plus, si cet homme appartient à une classe sociale plus importante
dans la société, il aura plus de chance et il sera reconnu par Dieu.
Ceci paraît totalement stupide. Ce qui est aussi condamnable c’est
le fait que la religion attache plus d’importance à la façon dont
est faite une prière qu’à sa sincérité. Peu importe que l’on soit
dans le lieu de culte, blanc, noir, riche, instruit ou quoique ce
soit pourvu qu’elle soit véritable. Pourvu que la prière qu’on
adresse à Dieu vienne du cœur. Les philosophes ne remettent pas en
cause l’idée du Dieu mais ils veulent tout simplement que les
croyants se montrent plus tolérants, généreux et compréhensif.
Les philosophes s’attaquent aussi à
un autre fait de société : l’esclavage. L’esclavage est une
injustice et un crime contre l’humanité. Nul ne peut décider qu’une
personne mérite d’être traité comme un moins que rien. Car, il est
constaté que dans certains pays l’homme n’était même pas assimilé à
un animal. Le seul souci de certaines personnes était de faire du
bénéfice et de gagner de l’argent. La cupidité de certains faisait
de cette société, une société inhumaine. Il est impossible de
qualifier des gens qui exercent certaines pratiques d’être humain.
Personne ne peut infliger à un être des sévices plus ou moins
importantes. On ne peut pas réduire en esclavage quelqu’un dite
inférieur intellectuellement. Suite à des discriminations, un homme
ne peut pas être qualifié d’esclave. Souvent c’est par la couleur de
peau que quelqu’un est désigné d’esclave. Pendant longtemps, il
s’agissait d’hommes de couleur noire qui subissaient des châtiments
inacceptables. Les objets de critique cités précédemment étaient
démontrés sous différentes formes et par différents moyens.
Les auteurs utilisés divers formes
d’écriture, une argumentation différente et un registre qui n’était
pas forcément le même.
Une littérature
engagée voire polémique est créée au 18ème siècle. Tous
les genres sont convoités : le roman, le théâtre, la poésie et
l’essai. On voit naître également de nouveaux genres comme le conte
philosophique : Candide, Zadig, L’Ingénu…, le genre
épistolaire : Les Lettres Persanes. Les essais et les
discours ont pour sujet l’intolérance ou l’inégalité. Le roman
présente désormais des histoires vraies pour faire oublier les
fictions afin de réaliser une peinture critique de la réalité. Mais
il se prête aussi à l’utopie. Il s’agit d’une représentation
imaginaire d’une société idéale. Toutes les formes argumentatives
servent.
On ne peut pas
citer le 18ème siècle sans citer l’Encyclopédie,
cette œuvre entreprise par Diderot et d’Alembert. C’est un
dictionnaire des connaissances du 18ème. C’est un
excellent support pour critiquer et enseigner. Dans ce livre, les
différents auteurs utilisent aussi bien la conviction que la
persuasion.
Soit ils usent
d’arguments rationnels pour que le destinataire reconnaisse la
validité d’une proposition, soit ils usent d’arguments intellectuels
ou affectifs pour amener le destinataire à penser ou à faire quelque
chose. Ou dernière possibilité ils exposent le pour e le contre dans
un discours délibératif pour permettre au lecteur de prendre une
décision. Différents registres sont prisés aussi.
Le plus utilisé est
l’arme du rire avec la satire ou l’ironie. La satire consiste à
critiquer un fait en le tournant en ridicule, on cherche à faire
adhérer le lecteur en le faisant rire. L’ironie est presque la même
chose sauf que le locuteur dit le contraire de ce qu’il pense et
lecteur est censé comprendre. D’autres registres sont utilisés
également le registre pathétique qui consiste à utiliser un champ
lexical des sentiments fort afin d’émouvoir. On a aussi le registre
polémique qui expose des arguments incontestables afin de
discréditer l’adversaire.
Les philosophes
usent de toutes les armes de la littérature pour démontrer leurs
valeurs.
Les Philosophes ont
principalement trois objectifs : lutter contre l’obscurantisme et le
fanatisme, diffuser les lumières de la connaissances et établir un
monde de progrès.
Le 18ème
siècle est le siècle pour opposer les lumières à l’obscurantisme. A
vouloir laisser le peuple dans l’ombre certains veulent changer tout
cela. Ils veulent mettre le monde entier au courant des inégalités
existantes, ils veulent également lutter contre le fanatisme. Cette
foi exclusive en une doctrine, en une religion, en une cause,
accompagnée d’un zèle absolu pour la défendre, conduisant souvent à
l’intolérance et à la violence. Les superstitions prennent trop de
place dans la vie des hommes, ils vivent trop en fonction de leur
croyance.
En plus de lutter
contre ces faits de société les Philosophes veulent instruire la
population. Ils veulent permettre à tout un enseignement identique
pour qu’ils puissent enfin réfléchir et se poser des questions
essentielles qu’impose la vie. Grâce notamment à l’Encyclopédie
leur cause sera possible. Mais se pose encore une contrainte, la
majorité de la population ne sait ni lire, ni écrire. Mais c’est
une chose à laquelle ils pourront y remédier.
Les Philosophes
veulent tout simplement un monde plus juste, tolérant et libre. Ils
souhaitent que tout le monde assiste aux progrès scientifiques,
techniques ou culturels. Il ne devrait plus exister tant d’inégalité
sur cette Terre. Les hommes devraient vivre égaux en droits et en
devoirs jusqu’à la fin des temps.
Les
objets de la critique , les formes et les moyens ont été exposés
ainsi que les valeurs des Philosophes. Mais aujourd’hui est-ce que
leurs causes ont été entendues et y a-t-il eu vraiment mise en place
d’un monde plus juste ? Après les évènements de la seconde guerre
mondiale cette question est remise en cause.
|