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Les Obsèques de la Lionne
Les Obsèques de la Lionne
Au 17ème
siècle, le classicisme est un des deux courants développés. Les
auteurs classiques cherchent à définir l’idéal esthétique de l’être
humain en respectant des nouvelles règles d’écriture. Jean de La
Fontaine né en 1621 et mort en 1695 a suivi, comme beaucoup
d’autres, ce courant, ce mouvement littéraire. Poète français, il
connu la célébrité grâce à ses Contes au début de sa
carrière. En 1668, il commença à publier ses Fables. Les
sujets de ses Fables n’ont jamais été inventés, ils ont été
empruntés à des écrivains antiques. Dans Les Obsèques de la
Lionne, publiée en 1678, Jean de La Fontaine utilise la fable
comme un texte ludique et plaisant tout en donnant à celle-ci une
visée didactique.
Jean de La Fontaine
utilise toujours les animaux dans ses fables pour parler de l’être
humain. En occurrence, ici, nous avons à faire aux animaux de la
jungle. Le Lion est cité en neuf fois, avec les termes « Lion »(vers
1), « Le Prince »(vers 3, vers12 et vers 19), « Roi »(vers 30 et
vers 49), « roi Lion »(v.31), « Sire »(v.39) et « maître »(v.21).A
chaque fois que l’on cite le Lion on utilise des majuscules, c’est
pour monter son importance. Il apparaît aussi à travers les pronoms
personnels « son », « sa » et « ses ». Le Lion est le Roi de al
jungle et tous ses « Prêvots »(v.8) doivent lui obéir dans « sa
Province »(v.6) ; Comme autre personnage il y a la « femme du
Lion »(v .1), « la Reine »(v.26) ou « Votre digne moitié »(v.41) .
Celle-ci est morte et c’est sur ce deuil que se porte l’histoire.
Puis nous avons les « Prêvots »(v.8), »Messieurs les
Courtisans »(v.16), « la Cour »(v .17) ou « Peuple caméléon, peuple
singe »(v.21). Ceux- ci pleurent la mort de leur Reine et sont
tristes (enfin le font paraître). En dernier lieu, il y a le Cerf
qui lui est le seul qui ne pleure pas. Au contraire, lui, il est
content, il se réjouit de cette mort. Grâce à ses paroles qui vont
du vers 39 au vers 49, à des arguments et un peu d’humour (pour lui
en tout cas) , il arrive à expliquer sa réaction et nul ne
s’aperçoit du leurre et tous le croivent. Son discours est réussi ,
son but est de convaincre
Ce récit est écrit
essentiellement au passé-simple, on remarque au moins dix-sept
verbes au passé-simple. Ce temps est utilisé pour raconter des faits
révolus, qui se sont déroulés dans le passé, il est utilisé du
premier vers au vers 51. Cette partie correspond à la narration de
l’histoire. Nous notons aussi le présent et le passé-composé qui
sont employés pour rapporter les paroles du Cerf. Puis à partir du
vers 52 , il s’agit de la leçon de morale et le temps pris est
l’impératif . Ceci implique un ordre ou plus précisément un conseil.
Les sujets des verbes sont essentiellement les animaux. Mais nous
observons la présence de la première personne du singulier au vers
17 « je définis » qui fait référence au fabuliste. C’est la
première fois qu’il s’implique explicitement.
L’humour est un
support pour Jean de La Fontaine et il l’utilise pour écrire ses
fables. Le fait d’attribuer des caractéristiques humaines aux
animaux donne un effet comique à ses fables, on parle de
personnification. Les animaux sont dotés de la parole et
ordinairement ce sont seulement les Hommes qui ont cette faculté
naturelle. Puis il y a le fait que les animaux éprouvent des
sentiments , ils sont triste et malheureux . Le Lion , lui ,est
seul, veuf, dépourvu de sa femme. Le Cerf quant à lui n’éprouve pas
de la peine mais plutôt de la satisfaction. Il est plutôt heureux
puisque grâce à la mort de la Lionne, il est vengé de la mort de sa
famille(v.26-27). C’est aussi grâce à l’aide des majuscules que
l’on voit bien que les animaux sont personnifiés et ont de
l’importance . Tout l’humour de La Fontaine repose sur la manière
dont il donne vie à ses personnages. Néanmoins ce texte n’a pas
seulement un aspect ludique et plaisant, il a aussi une visée
didactique voire même un aspect de critique
Cette fable a pour
objet d’instruire ou du moins d’enseigner une pensée utile. De cette
leçon de morale on en tire une réflexion sur la tyrannie des
puissants, l’hypocrisie des courtisans et la crédulité des gens
Le Roi Lion abuse
des pouvoirs qui lui ont été attribués. Il paraît comme un souverain
despote, injuste et cruel. Nous repérons trois passages qui peuvent
confirmer cette idée : au vers 22, du vers 30 au vers 31 et du vers
36 au vers 38. Le premier passage montre que le Roi décide de quels
sentiments il faut avoir, de quelle attitude il faut adopter. Le
second passage nous montre que le Roi peut être très en colère
(référence à Salomon),il peut avoir des mouvements agressifs à
l’égard de ce qui l’offense. Le troisième montre les sanctions que
peut affliger un Roi. Ici nous remarquons qu’il s’agit de la
sanction suprême : la mort, nous pouvons donc arriver à la
conclusion que le Roi a ce droit de choisir si une personne mérite
de vivre ou pas . La vie d’un homme ne peut pas être mise dans la
main d’un autre homme, elle ne doit pas dépendre de l’avis d’un seul
homme. Jean de La Fontaine critique cette attitude ,ce pouvoir mis
en place dans certains pays
D’autre part La
Fontaine fait ici, aussi, une critique sur l’hypocrisie des
courtisans, ce vice qui consiste à affecter une vertu, un sentiment
que l’on a pas. Ces courtisans qui ne sont disposés constamment qu’à
faire le bien et éviter le mal et donc à jouer un rôle. Au lieu de
laisser éclater leurs sentiments face à cet évènement, ces comédiens
préfèrent suivre le Roi et leur seul souhait est de lui faire
plaisir, de lui donner satisfaction pour ne pas être punis. Nous le
voyons bien au vers suivants : du vers 3 au vers 5 qui montre qu’à
force de vouloir plaire on peut devenir stupide et trop exagérer
dans une situation qui n’en demande pas autant. Du vers 15 au vers
23, on a bien un passage qui confirme encore cette idée
d’hypocrisie : « à son exemple », « plait au Prince », « paraître »,
« du maître » et « un esprit anime mille corps ». Tous ces termes
démontrent bien que c’est sous l’action, l’influence d’un seul
homme que tout un peuple devient hypocrite. Ils font semblant d’être
malheureux à cause de la mort de la Lionne. L’expression au vers 23
« simples ressorts » renforce bien cette hypocrisie. Nous pourrions
voir cette hypocrisie comme preuve de lâcheté de la part des
courtisans. Mais seul le Cerf paraît faire preuve d’intelligence
et de courage. Grâce à son discours il peut expliquer sa réaction.
Il est le seul qui ose affronter le Roi. Par son discours qui
s’étend du vers 39 au vers 49, il arrive à leurrer toute la cour
ainsi que le Roi. Par son histoire totalement inventée, il arrive à
berner, à tromper tout le monde. Et grâce à son intelligence il ne
sera pas puni pour n’avoir pas suivi le Roi et au contraire, il
sort vainqueur, triomphant de cette histoire puisqu’il reçoit un
présent (v.51).
Après avoir étudié
la réaction du Cerf, nous pouvons enfin arriver à la conclusion que
les courtisans sont crédules. Pour dénoncer cette crédulité le
fabuliste se repose sur la satire. Nous apercevons mieux cette
crédulité au vers 49 et 50. Les courtisans croivent sans méfiance à
l’histoire contée par le Cerf, nous pouvons le dire grâce à
l’interjection « Miracle apothéose ». Ils ne réfléchissent pas et
croivent le Cerf même si ce qu’il raconte paraît un peu surnaturel
La leçon de morale
qui s’étend du vers 52 au vers 55 résume les critiques sur la
tyrannie des Rois, l’hypocrisie des courtisans, la crédulité des
gens et la naïveté des souverains mais de façon humoristique. Il
faut prendre cette morale au second degré
Effectivement, ce
texte a un aspect ludique et plaisant et il a aussi une visée
Didactique. Jean de
La Fontaine critique encore une fois la société qui l’entoure, la
royauté. Ses petits récits ont une vie intense et un tour plaisant.
On y retrouve l’habile et malicieux narrateur des Contes. Il est un
auteur célèbre et très intelligent. L’intérêt de ses fables intrigue
beaucoup de gens et tout le monde sait que ce qu’il enseigne n’est
que pure vérité. (par PIGNOLET. J 1ère L)©
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